L'épinard du caucase

L’épinard du Caucase (Hablitzia tamnoides) : une vivace comestible à intégrer aux haies
 

Une plante méconnue d’origine caucasienne


L’épinard du Caucase (Hablitzia tamnoides), parfois surnommé « épinard grimpant », est une plante vivace originaire des forêts montagneuses du Caucase. Appartenant à la famille des Amaranthacées (comme les épinards ou les amarantes), elle est cultivée depuis le XIXᵉ siècle comme légume-feuille ornemental en Scandinavie, où elle a trouvé une seconde vie dans les jardins nordiques.

Sa particularité réside dans son caractère grimpant : ses tiges volubiles peuvent atteindre 2 à 3 mètres de hauteur, ce qui la distingue nettement de l’épinard annuel (Spinacia oleracea). Rustique (jusqu’à –25 °C), elle s’adapte bien aux climats tempérés et trouve sa place dans les systèmes de haies champêtres ou fruitières où elle profite du soutien d’arbustes et de treillis naturels.
 

Intérêts alimentaires et agronomiques
 

Les jeunes feuilles, récoltées au printemps, sont tendres et se consomment crues ou cuites, avec une saveur douce rappelant l’épinard classique. Les récoltes peuvent se poursuivre plusieurs mois, car la plante produit un feuillage abondant et régénératif.
 

Sur le plan agronomique, Hablitzia tamnoides offre plusieurs atouts :
 

Plante vivace durable : un seul pied peut rester productif plus de dix ans.

Production précoce : ses jeunes pousses apparaissent tôt, avant la majorité des légumes annuels.

Résilience : sa tolérance à l’ombre permet de l’associer à d’autres arbustes fruitiers dans une haie.

Intégration dans une haie champêtre

Dans une haie champêtre, l’épinard du Caucase joue un double rôle :

comestible, en fournissant une source régulière de feuilles,

ornemental, grâce à son port grimpant, à ses fleurs verdâtres discrètes et à son feuillage dense qui colonise les supports.
 

Il peut grimper sur les branches d’arbustes indigènes comme le noisetier, le sureau ou l’aubépine, créant une strate verticale intéressante tout en restant non envahissant.
 

Intégration dans une haie fruitière
 

Dans une haie fruitière, il s’associe particulièrement bien avec les arbustes à fruits comme les groseilliers, cassissiers ou amélanchiers. Sa tolérance à la mi-ombre lui permet de se développer au pied de ces arbustes sans concurrencer excessivement leurs racines.

Cette complémentarité offre une diversité alimentaire : fruits sucrés et feuilles vertes coexistent dans le même système, renforçant la valeur nourricière de la haie.
 

Conditions de culture et entretien
 

Sol : frais, bien drainé, riche en matière organique.

Exposition : ombre légère à mi-ombre, mais supporte aussi le soleil si le sol reste humide.

Multiplication : par semis (levée lente et irrégulière) ou division de souche au printemps.

Entretien : peu exigeant, il suffit de guider les tiges grimpantes et d’assurer une couverture du sol en été.

Une taille légère en fin de saison permet de contenir sa croissance et de favoriser une reprise vigoureuse au printemps.
 

Une plante pour diversifier les haies nourricières
 

L’épinard du Caucase représente un exemple de « plante oubliée » à réintroduire dans les paysages comestibles. Sa rusticité, son caractère vivace et sa productivité en font un excellent candidat pour enrichir la biodiversité et la valeur alimentaire des haies champêtres ou fruitières.